You’ve got mail

S’il y avait une « leçon » à retenir de tout cela (à défaut d’un mot plus approprié) ça serait ce fameux lieu commun « ne jamais dire jamais ». Non, vraiment pas. Parce que oui, je l’avais dis. Jamais je n’irais m’inscrire sur un site de rencontre sur Internet. Pas que je trouvais ça pathétique, ridicule. Non, juste que je me disais que ce n’était pas le moment, que ce n’était pas pour moi. Et puis, soyons honnêtes, j’avais aussi peur. Peur de ne plaire à personne, ou, pas mieux, de ne plaire qu’à ceux qui ne me plaisaient absolument pas. Le temps passait, la routine, des déceptions, le vide. On m’en parlait parfois, on en parlait parfois avec une copine.

Et puis voilà, un dimanche après-midi, je débarque chez cette copine et là elle me dit « hier soir, j’ai picolé avec une copine, et je me suis lancée, on a créé mon compte sur un site de rencontre ». Surprise, choc, amusement, peur. J’étais totalement déconcertée. Et là, elle me dit, « ça te dit qu’on fasse le tien ? ». Et nous voilà, parties dans les méandres de l’Internet. Au départ, je l’ai fait comme un jeu, un défi aussi un peu. Un peu malgré moi, un peu forcée, un peu terrorisée. On a beaucoup ri cet après-midi. En parcourant les profils, en voyant certaines photos aussi. On a beaucoup hésité, sur la photo à choisir justement, sur la description qui allait à la fois me correspondre et attirer. Au départ, il était hors de question de payer. Ça a tenu une semaine. Parce que voilà, le site est fait de telle façon que si tu ne payes pas, tu ne peux pas lire les mails reçus. Donc on a payé. J’ai passé des soirées devant mon écran à balayer des profils, à ignorer des mails, à répondre à d’autres aussi. Pas toujours très à l’aise avec ce côté un peu « consommation », et avec l’espoir de craquer sur un profil qui craquerait sur le mien en retour. Je n’ai pas multiplié les contacts à vrai dire, parce que très peu des mails que je recevais m’ont plu ou intéressé. Les « bonjour, ça va », très peu pour moi. J’ai échangé plusieurs semaines de très longs mails avec quelqu’un, et pourtant, quelque chose manquait, un feeling, une étincelle. Alors, j’ai arrêté.

Et après, j’ai eu de la chance. J’ai reçu un mail très chouette d’un profil très chouette. On a communiqué par mail pendant plusieurs semaines, puis par sms. On a fixé un rendez-vous. J’étais terrorisée, lui aussi. Il m’a invité au restau’. Et depuis. Depuis. Que dire ? Que ça fait quatre mois que je suis bien avec lui, qu’il me rend plus sereine et plus heureuse. Oui, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai beaucoup de chance.

Ce n’est que le début, et pourtant, c’est comme si ça faisait plus longtemps. Tout est simple, naturel, sans complications.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que le hasard fait qu’on habite dans le même quartier, à quinze minutes à pieds l’un de l’autre. Et qu’il a fallu qu’on passe par Internet pour se rencontrer.

Et ça aurait été de drôlement dommage de passer à côté…

Publicités

Hey girl, what have you been up to ?

 

Siroter une tasse de thé en surfant sur le net. Remplir des paniers de fringues en ligne et ne pas les valider. Trier ses fringues et devoir se séparer de 90% de ses jupes devenues bien trop grandes. Assortir son vernis à sa tenue. L’entendre respirer la nuit. Sentir sa main tout près. Le marché le dimanche matin, les odeurs, les saveurs. Les bons petits plats équilibrés préparés à deux. Se détacher des mesquineries et remarques et hausser les épaules. Chercher LA paire de collants gris pour mettre avec une petite jupe en jean. Finir un paquet de copies, même ratées. Rattraper son retard dans Grey’s Anatomy et savourer les nouvelles saisons de HIMYM (même si bof bof), Castle, Elementary. S’affirmer. Moins s’attacher aux opinions des autres, et davantage aux miennes. Me blottir dans ses bras. Frissonner. Faire des projets. (Re)mettre des slims et se trouver presque jolie. Chanter à tue-tête dans la voiture. Sourire. Ajouter de nouveaux bouquins dans le Kindle. Dévorer le dernier n° de L’Histoire. Avoir envie d’une belle paire de bottes caramel et/ou de bottines Mellow Yellow.

Et profiter de ces quelques jours de parenthèse avant de retrouver la routine du boulot.

Retrouver doucement ses marques sur la blogo. Et écouter ça.

Better than yesterday

Je ne sais pas bien comment l’envie est revenue. Je ne sais même pas si celle-ci ne sera pas passagère, peut-être que je vais me lasser, me rendre compte que oui, j’ai bien fait le tour des blogs. Revenir alors que la plupart des blogs que je lisais ont disparu, alors que j’ai l’impression qu’une page s’est bel et bien tournée et que ça me rend vraiment triste en fait me paraît un peu absurde même. Comme si j’essayais de me raccrocher au passé alors que le présent est plus joli.

Mais voilà,  écrire me manque. Vous lire me manque. Le blog me manque. Partager me manque.

 

Beaucoup de choses ont changé depuis que j’ai fermé la porte à la blogosphère il y a un an de cela. J’ai changé. Et pourtant, étrangement, je suis un peu toujours la même. Celle qui doute, qui se pose trop de questions, qui aime les moments à soi, le calme, lire, le thé, les séries, les vernis, Jane Austen, le ronronnement du chat, les VO. Celle qui cultive les petits plaisirs de la vie comme une jolie lumière dans le ciel, une chanson fredonnée à la radio, une jolie robe.

J’ai changé, parce que je me sens tellement mieux dans ma vie et dans mon corps. Rien n’est gagné d’ailleurs. Il m’a fallu du temps, me mettre des coups de pied aux fesses.  Apprendre à m’affirmer et à me détacher de ce que peuvent penser les autres. Et faire une si belle rencontre. C’est aussi cette nouvelle moi que j’ai envie de raconter.