« Say what you wanna say and let the words fall out honestly I wanna see you be brave… »

 

Quand je regarde en arrière et que je repense à celle que j’étais il y a 5, 3 ou même 1 an(s), je souris et me dis que j’ai fait tellement de chemin. J’apprends à me protéger et à vivre plus pour moi.

Pourtant.

Je déteste les conflits. Je ne sais pas les gérer. Je prends les choses trop à cœur et je suis trop sensible. Je me laisse encore trop intimidée, trop submergée par l’émotion. Émotion qui me fait trop souvent fondre en larmes à l’abri des regards. Je ne sais pas m’affirmer dans la confrontation et la contradiction. Je répète dans ma tête ce que j’aurais envie de dire, j’ai des réparties toutes prêtes, des vérités bien senties à asséner. Mais, je me dégonfle, je balbutie, je suis maladroite, embrouillée. J’aimerais savoir m’énerver et être crédible. Savoir plus m’imposer.

Et si le mot d’ordre pour 2014 était « affirmation » ?

 

« When you’re still waiting for the snow to fall, it doesn’t really feel like Christmas at all »

Comme tous les ans, Décembre file à une vitesse folle. On est à quelques jours de Noël et comme souvent depuis quelques années, je n’arrive pas à être dans l’esprit de Noël. Décembre aura été un mois étrange. Un tourbillon de nouvelles et de bouleversements souvent heureux, qui laissent le souffle coupé et qui font battre le cœur plus vite. Voir nos deux noms en bas de ce bail pour cet appartement presque parfait. Notre repas de Noël d’hier soir, à la bougie. Le laisser m’offrir un cadeau surprise et aller chercher une jolie bague tous les deux. Passer un bon moment à quatre, avec BFF et son amoureux, et sentir que le courant passe. Les vacances près de la mer, changer d’air, ne penser à rien et laisser copies et boulot à la maison sans culpabiliser. Savourer l’idée d’un Noël tout simple, avec ma mère et mes grands-parents.

Je n’ai envie de ne garder que le bon. Ne pas penser à ce qui serre le coeur ou qui me fait monter les larmes aux yeux. Comme ces tensions avec BFFC. que je finirais peut-être par exorciser en mots ici. Mais pas maintenant.

Maintenant, j’ai envie de calme, de sérénité. De petits plaisirs comme un bon film, un chocolat chaud, une jolie robe si je trouve mon bonheur, un nouveau vernis Essie acheté en dépit du bon sens et en oubliant qu’il va bientôt falloir tout mettre dans des cartons. Retrouver Xavier, Wendy, Martine et Isabelle à New York pour le « Casse-tête chinois » de Klapish que j’ai adoré et qui m’a un peu remué aussi. C’était comme si je retrouvais de vieux amis et ça, ça fait du bien. Continuer à remplir le Kindle en prévision des 5 heures de train jeudi et des vacances vendéennes. Avoir deux ou trois idées de notes qui arrivent au fur et à mesure que mes doigts tapent sur les touches du clavier. Ecouter HollySiz, toujours et encore, en boucle et chanter à tue-tête.

Et satisfaire sa tradition de Noël avec Love Actually.

 

 

The winter’s light feels different on my skin

Un regard dans le rétroviseur, je me dis que c’est fou à quel point tout était différent il y a un an, il y a même six mois de ça. Je me surprends à me pincer le bras.

Tout va presque bien.

Alors oui, il y a des serrements au cœur, des déceptions. Voir celle qu’on considérait comme sa meilleure amie s’éloigner parce que je suis en couple et qu’elle ne l’est plus, se sentir trahie, être blessée par ses mots parfois cassants voire méchants. La fatigue de la fin de période, avec ses réjouissances à venir (conseils de classe, réunions).

Mais le reste.

Le reste, c’est ce sourire, ce cœur qui saute dans la poitrine à la pensée que dans trois mois, je vivrais avec lui dans notre appartement. Lundi soir, il y a eu ce coup de cœur pour cette annonce qui rassemblait tous nos critères dans un cadre de vie plutôt chouette avec balcon qui donne sur un bras de rivière. La nature tout autour. Une petite ville charmante. Moi la citadine, je vais vivre dans une ville de 3000 habitants, et je n’ai pas vraiment peur. Parce que je me rapproche de mon boulot, que je ne serais pas très loin de « ma » ville. Parce que la qualité de vie qu’on aura dans ce nouvel environnement m’attire de plus en plus : les balades le dimanche, la nature, le calme, lire sur le balcon en été ou prendre le petit-déjeuner quand il fera meilleur. Alors oui, le cinéma à côté me manquera, les magasins à proximité aussi.

Alors, oui, on pourrait peut-être me dire que tout cela va un peu vite. Mais au final, on vit déjà ensemble. Et puis, tout est tellement évident, simple, naturel. Moi qui étais terrifiée par les changements, je me sens étrangement sereine.