Les petits trésors du vendredi #2

Surfer sur le net en lisant des blogs / Aller à la boîte aux lettres et y  découvrir les deux colis tant attendus de chez Esprit et Asos / Découvrir les nouvelles robes et les trouver vraiment très jolies / Boire trop de thé / Ne pas avoir envie de bosser ni de corriger des copies et se dire que ça attendra bien la semaine prochaine et mes heures de creux au lycée / Sourire parce que c’est le week-end / Sourire parce qu’on va voir Stromaé en concert demain et que ça lui fait tellement plaisir que j’oublie presque qu’on va être dans la fosse et que je déteste la foule / Regarder les derniers HIMYM et avoir une boule au ventre en se disant que non, la fin ne sera pas tragique, non non, pas possible / Essayer de ne pas culpabiliser parce que les pochettes de cours resteront sûrement dans leur sac ce week-end / Ne pas y arriver totalement, on ne se refait pas  / Regretter d’être un peu loin de mon indispensable et se dire que ça me manque de ne pas pouvoir décider de se voir, comme ça, juste parce qu’on a envie / Être nostalgique, un peu, mais se dire que la vie est plus jolie ainsi, beaucoup / Ne pas savoir où cette note mène, mais se dire que c’est bien aussi quand c’est un peu fourre-tout non ? / Se faire offrir un restau’ un lycée pour le repas anglais de « sa » classe et être très très fière / Se dire que l’année prochaine sera meilleure côté élèves, hein, oui elle sera meilleure / Et puis, se dire que pour les quelques perles malgré tout, ça vaut le coup, oui, ça vaut vraiment le coup.

Bref, c’est vendredi.

Sponge friend

Ma plus grande erreur aura sans doute été de croire que ça serait différent avec moi. Que tu ne me ferais pas ce que tu as fait à ta meilleure amie d’enfance, à une amie de lycée. Je me disais que je ne me laisserais pas faire, que tu changerais. Je ne savais pas le mal que ça pouvait faire de te sentir de plus en plus distante, de sentir presque de l’animosité face à celui qui partage ma vie désormais. Et de te sentir détachée de ce que je pouvais te dire. J’ai aussi mes torts, je le reconnais. J’ai été maladroite, sans doute. J’ai été moins présente, après l’avoir sans doute trop été. Oui, je me suis renfermée sur mon cocon à deux. Mais voilà, j’ai été trop longtemps seule et j’ai eu envie d’en profiter.Tu ne parlais que de toi, tu n’arrivais pas à être heureuse pour moi. A force de te comparer sans cesse, de te dévaloriser, tu es devenue jalouse et mesquine. Méchante parfois même. Tu as prononcé des mots qui m’ont blessé, qui étaient injustes. Me reprochant de construire une relation saine et adulte. Me reprochant d’avoir réussi à perdre du poids aussi. J’ai grandi, j’ai changé. On s’est éloignées.

J’aurais pu comprendre, être patiente. Je l’ai été pendant plusieurs mois. Mais, au fond, je me sens trahie, c’est aussi simple que ça. Après tout ce qu’on a partagé, après avoir été là pour toi quand tu allais très mal, quand tu allais très bien aussi. J’ai du mal à te reconnaître, à comprendre comment et pourquoi on peut se comporter ainsi avec une amie. Oui, tu me manques. Je repense avec un pincement au cœur à nos fous-rires, à nos escapades de tennis, à nos confidences. L’ironie dans tout ça, c’est que c’est toi qui m’a poussé à m’inscrire sur le site qui a changé ma vie. On me dit parfois de ne pas couper les ponts. Mais, au fond de moi, je sais que c’est fini. Je sais que si tu étais toujours en couple, nous serions toujours amies et je me dis que c’est absurde que notre amitié doive dépendre de ça. Je suis fatiguée de ces complications, de ces conflits, de tes attitudes et de tes paroles. Je n’ai plus envie de ça. La blessure est trop profonde.

« Still I call it magic when I’m next to you… »

Call it magic
Call it true
Call it magic
When I’m with you

La surprise dès le petit matin. Les premières notes qui s’égrainent, et qui serrent le ventre. Le coup de foudre, une fois de plus. La magie de retomber amoureux comme depuis dix ans. L’impatience de découvrir le reste. L’écouter en boucle, la découvrir, vraiment, l’aimer, profondément.

Le vent qui s’engouffre. La pluie. La mer qui se déchaîne et qui est si belle dans ce ciel gris. Il fait froid, mais je m’en moque parce que ma main est dans la sienne. Nos rires qui résonnent, le sentir serré contre moi dans le lit le soir. Cette intimité qui me paraissait presque interdite pour moi il y a un an.

Le soleil est enfin là, nous partons ce midi retrouver notre nid douillet. Je souris.