City girl ?

Il y a quelques mois, l’idée de partir de la ville pour m’installer au vert m’angoissait un peu. Et pourtant je ne savais pas que j’allais y trouver un nouvel équilibre, que je me sentirais plus apaisée. Et surtout, plus à ma place.

Moi qui me pensais fleur de bitume, je n’en suis plus si sûre aujourd’hui.

Oui, j’aime les balades en ville, les cafés en terrasse, les Starbucks, le shopping, Londres et Paris. Je rêve toujours de New York. La foule, les rues, le bitume, les magasins, le bruit. Mais pas pour y faire ma vie finalement. Laisser la campagne pour quelques jours ou une escapade parisienne d’une journée, et arpenter les rues, les magasins, les monuments est une perspective qui me fait tout autant sourire qu’avant.

J’aime le calme, le bruit des oiseaux, la nature. Pouvoir aller faire des balades à vélo ou à pied à peine sortie de la maison. Arpenter les chemins et se sentir presque comme Elisabeth Bennet arpentant l’Hertfordshire. J’ai envie d’un jardin, de planter des fleurs. De me mettre dans une chaise longue sous un arbre et de lire au soleil. J’ai envie, j’ai besoin d’air pur. De calme. Tout en sachant que la ville est là, tout près si j’ai envie de bruit et de foule. Le compromis idéal au final : la campagne avec la grande ville à une demi-heure en voiture. Et la chance, que je savoure totalement, d’être à deux pas de son travail et qui m’offre une véritable qualité de vie.

 

Ce choix, je ne l’aurais pas fait seule. La ville était idéale quand je vivais sans lui et j’ai une tendresse nostalgique quand je repense à ma vie d’avant, les promenades sur le bitume et les moka dégustés en regardant les vitrines. Rien ne m’empêche, de temps en temps, de retrouver ces plaisirs-là et de renouer avec ma ville et mes habitudes. Et de savourer encore davantage ces moments-là. Tout en sachant nettement que ma vie est ailleurs désormais. J’ai peut-être grandi, sans doute changé, voire mûri, vieilli certainement aussi. Quand j’imagine parfois avoir un enfant, je me dis que j’ai envie qu’il ou elle grandisse au vert et j’entends presque déjà ses rires dans le jardin.

Quand j’ai commencé à penser à cette note, j’étais en train de faire du vélo, savourant le moment d’évasion et de calme. Et je me suis rappelée, un brin nostalgique, d’une série que j’avais adoré il y a quelques années et dont seules deux ou trois lectrices vont se souvenir. Les filles, vous vous rappelez de Men In Trees ? Cette série rafraîchissante, drôle et attachante qui nous emmenait à Elmo, une petite ville d’Alaska avec Anne Heche et surtout James Tupper dans le rôle du très sexy Jack ? Quel rapport avec ma note vous me direz ? Eh bien, au début de la série, Marin (Anne Heche) est une citadine new-yorkaise pur jus qui se retrouve, par un concours de circonstances, à s’installer à la campagne, en Alaska et qui y trouve un nouvel équilibre, se (re)construit (et tombe amoureuse). Je me suis un peu retrouvée en Marin, savourant ma nouvelle vie au calme, admirant la beauté de la nature.

Publicités

Spring

 

Ranger bottes, manteaux et pulls d’hiver, craquer pour de jolies bottines printanières. Les feuilles aux arbres, l’odeur des fleurs, le soleil qui fait plisser les yeux. Savourer la douceur des températures et ouvrir la vitre dans la voiture pour sentir le vent. Ressortir les lunettes de soleil. Recharger ses batteries après l’hiver. Profiter des jours qui rallongent pour aller s’oxygéner après le boulot. Le marché au soleil le samedi matin. Et renouer avec un plaisir trop longtemps oublié, celui des balades à vélo. Alors, même si je peine à faire une quinzaine de km, si je reviens de la balade avec les jambes un peu douloureuses, tout ça n’est rien face à la sensation de liberté et de plaisir que procure le vélo. J’ai hâte d’être à ce soir, quand l’amoureux rentrera, pour qu’on aille faire une balade sur la voie verte qui passe devant chez nous.

Et puis, regarder le calendrier et sourire à l’idée qu’il ne reste qu’une semaine de cours avant les vacances, les espérer douces et ensoleillées, pour pouvoir aller faire du vélo, faire des balades. Et compter les jours avant la baie de Somme et nos vacances à deux.

Empiler les livres à lire dans le Kindle et commencer, sous les conseils avisés de Shopgirl, un polar de Camilla Läckger (« La princesse des glaces »), et savourer, chaque soir, ma lecture, calée derrière les oreillers.

Avoir envie de se lancer dans un cake à la banane, après la note de Zadig.

Savourer le printemps, et ses plus beaux attraits.

Je n’aurais jamais pensé que ça serait si simple, si naturel. Évident. C’est toi, c’est moi, c’est nous. Sans efforts, sans complications. Ta main dans la mienne, tes idioties qui me font rire à en avoir mal au ventre, tes bras rassurants, ton regard sur moi. Pas besoin de se parler parfois, je te comprends sans un mot. Je n’ai plus peur, je me sens à ma place, là, à tes côtés. Je me sens moi, enfin. Sans masque, sans tromperies ni faux-semblant. On se dit tout, tu sais tout de moi et je sais tout de toi.

Toi et tes talents de cuisinier, toi et tes manies, toi et tes fringues, toi et les balades et la course à pied, toi et tes attentions.

C’est nous deux et c’est tout. C’est comme ça. C’est toi et moi, y a pas besoin d’aller chercher ailleurs.