Les jolies plumes – (2) As far as tomorrow

« Il y a ceux qui partent, ceux qui arrivent, qui fuient, qui attendent… et il y a elle… »

La vitre entrouverte, le vent s’engouffrait doucement dans la voiture et rafraîchissait la température encore chaude de ce mois de septembre. Ses lunettes de soleil sur le nez, elle les remontait d’un geste familier et passait régulièrement sa main dans ses cheveux bruns légèrement ondulés. Une musique douce s’échappait doucement des enceintes de la voiture, elle n’aimait pas conduire en silence. Devant elle, la route. Elle s’étend à perte de vue. Les paysages s’enchaînent. Plaines verdoyantes, champs de maïs, éoliennes, villes, périphériques, villages, l’altitude qui apparaît. Et cette sensation inouïe de liberté qui l’étreint, quand elle a les mains sur le volant. Tout apparaît possible, faisable, envisageable. S’arrêter, aller plus vite, fuir, ralentir, se promener, observer. L’éventail des possibilités lui apparaît infini.

Très souvent, elle jette un regard dans le rétroviseur pour observer la petite fille qui dort paisiblement depuis une heure déjà. Sa petite fille. Elle aura six mois dans quelques semaines, déjà. Là-bas. Dans ce pays presque encore inconnu, dont elle ne parle pas encore vraiment la langue.

Tout est allé si vite. Le déménagement, l’expatriation, la grossesse, cette nouvelle vie qu’il a fallu apprivoiser. Trouver ses marques dans cette ville étrangère, lier connaissance. Leur vie qui tenait dans un camion de déménagement.

Elle soupire, rassurée, fière d’avoir réussi à traverser ces moments difficiles, incertains. Elle avait tellement peur. Peur de ne pas être assez forte, de faire une énorme erreur. Tout quitter pour lui, n’était-ce pas trop risqué. Elle savait au fond d’elle que c’était ce qu’elle voulait, mais la peur l’envahissait, la faisait douter. Aujourd’hui, elle ne doutait plus. Il n’y avait plus de peur, plus de doutes, plus de questions. Que des certitudes et de la joie.

Un bruit familier interrompit ses pensées. Le bébé venait de se réveiller, et comme souvent, le réveil était doux et sans pleurs. Elle sourit.

La fatigue commençait à se faire sentir, aussi lorsqu’elle aperçut une aire d’autoroute à proximité, elle mit son clignotant pour sortir de l’autoroute. Un café, une petite pause me feront le plus grand bien. Et puis, peut-être que Clémence aura besoin d’être changée pensa-t-elle.

Quand elle était petite et qu’elle partait en vacances, elle avait toujours peur de perdre ses parents dans les aires d’autoroute. D’aller aux toilettes et qu’ils partent sans elle. Cette peur était totalement irrationnelle, car jamais ses parents n’auraient agi de cette façon, mais elle la ressentait à chaque fois. Aujourd’hui, adulte, elle y repensait à chaque arrêt dans ces aires et ne pouvait s’empêcher de sourire. Désormais, la peur avait été remplacée par un autre sentiment, celui de l’amusement et de la curiosité. Elle aimait s’y arrêter, et observer les gens.

On y croisait des familles sur la route des vacances, souvent épuisées par la route, les embouteillages et la chaleur, qui cherchaient un peu de repos et de calme. On retrouvait souvent les hommes aux machines à café, les femmes accompagnaient les enfants aux toilettes. On y voyait aussi les habitués de la route, commerciaux, routiers. Ils avaient l’air de connaître l’aire comme leur poche, discutant même souvent avec les employés. L’un deux, engoncé dans son costume-cravate, n’avait pas levé un regard de son téléphone depuis les dix minutes où elle était arrivée. Il jetait des regards agacés en direction d’un groupe de routiers qui riaient bruyamment.

Parfois elle aimait se raconter des histoires en regardant les gens. Imaginer leur route, leur but. Elle faisait de même dans le train, créant des vies pour ces passagers anonymes.
Assise sur un fauteuil avec un café devant elle, le bébé dans son cosi, elle regardait ce couple âgé assis près d’elle. Ils avaient l’air d’avoir passé toute leur vie ensemble. Leur complicité, leur tendresse, leur regard en disait long. Ils n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Elle s’imagina qu’ils allaient retrouver leurs petits-enfants, leur voiture emplie de cadeaux et de gâteaux préparés avec amour. Ils passèrent à côté d’elle et la femme fit un sourire à sa petite fille brune « elle est adorable ». Elle remercia la femme et la regarda s’éloigner et sourit en voyant qu’elle et son mari se tenaient par la main. Elle pensa à lui, à son amour, son meilleur ami, son amant, le père de sa fille et il lui manqua soudain terriblement. Elle attrapa son téléphone dans son sac. « Nous sommes bientôt à la frontière, tout se passe bien. Tu nous manques. A ce soir mon chéri ».

Elle se lève, attrape sa fille et retourne à la voiture. Sa fille bien installée, elle s’éloigne de l’aire d’autoroute en accélérant doucement. Elle regarde dans le rétroviseur, sourit. « On rentre à la maison ».

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Voici donc ma 2e contribution à l’atelier d’écriture des Jolies plumes. 🙂 On se retrouve dans un mois pour un nouveau texte, en attendant, n’hésitez pas à aller lire les textes des autres plumes (je mettrais les liens au fur et à mesure). Pour nous rejoindre, un mail ici, pour suivre l’actualité de l’atelier, un clic ici

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Just breathe

Le Coca bien frais siroté à l’ombre du balcon, en découvrant le dernier n° de l’Histoire, ou en dévorant un roman.

Lire et remplir le Kindle et la bibliothèque, encore et encore. J’ai dévoré « Maine » de J. Courtney Sullivan dont j’avais lu (et aimé) l’été dernier « Les débutantes ». En ce moment, j’ai envie (et besoin) de simplicité, de légèreté, de ne pas me prendre la tête. J’ai donc commencé hier soir « Demain est un autre jour » et j’avance vraiment vite, signe que j’aime beaucoup.

Craquer pour une jolie paire de Tropéziennes caramel (je voulais rouge, il n’y en avait plus, tant pis), parfaites pour marcher et être à l’aise, et agrémenter toutes mes robes et jupes d’été. Il me reste à trouver un chapeau (j’ai très envie d’un panama), peut-être un ou deux shorts, et me voilà parée pour les vacances qui s’approchent à grands pas.

Avoir hâte de partir en Vendée, de changer d’air, de revoir la mer. Oser à nouveau le maillot, faire trempette dans la mer avec lui. Les balades, déjà prévues, le farniente, lire. Et prévoir une escapade en amoureux à St Malo au retour.

Les petits carnets de chez Hema qui embellissent mon bureau.

L’après-midi avec les copines / collègues à papoter de tout et de rien, s’occuper d’un petit blond aux cheveux bouclés qui ne veut plus vous lâcher, et se dire que ça serait pas mal un dans ce genre d’ici un an ou deux.

Envoyer finalement ce mail, recevoir une réponse, et décider de reprendre contact par écrit pour le moment. Se dire que peut-être, notre amitié n’est pas totalement morte. Peut-être, oui.

Ses bras autour de moi, assis sur un banc, quand la soirée se rafraîchit alors qu’on discute avec ses collègues après un barbecue.

La balade en vélo dans les alentours avant d’aller déguster une salade toute simple sur notre balcon, avec un bon verre de vin blanc et en dessert de la glace HägenDaz.

Sa tendresse, son sourire, ses mots doux pour me rassurer. Parler au lieu de gamberger. Envisager, avoir peur, avoir le souffle coupé à l’idée de ces changements décisifs qui se profilent.

Et puis, essayer de profiter, respirer un grand coup, et juste profiter de l’instant. Des vacances, de cette parenthèse en bord de mer que j’attends avec impatience. Et profiter de nous.

Moments

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les feux d’artifice. Regarder le ciel noir s’illuminer de lumières multicolores, sentir son cœur qui bat au rythme des bruits détonants du feu. Ces moments m’ont toujours paru empli d’espoir, de sérénité, empreints de renouveau. Comme si tout était possible. Des moments d’un romantisme fou aussi. Chaque année, quand je regardais le feu d’artifice du haut de mon balcon du 6e étage, seule, ou en amis, je pensais à toi et à quel point tu me manquais et que j’aimerais que tu sois là, avec moi. Ce toi que je ne connaissais pas. Ce toi qui, l’an dernier, n’avait pas pu être là.

Au bord de l’eau, à quelques pas de notre paradis, on s’est postés sur l’herbe et on regardé les éclairs multicolores de lumières tracer des formes éphémères dans le ciel. Il a passé son bras autour de ma taille, et j’ai soupiré. J’aurais aimé pouvoir garder à jamais ce moment-là. L’eau, la nuit éclairée, le vent qui s’engouffre dans mes cheveux. Je me suis sentie si heureuse, là, devant ce spectacle. Et je me suis fais une promesse.

La promesse de taire mes doutes, mes peurs qui m’empoisonnent bien trop souvent la vie. La promesse de ne plus avoir ce besoin d’être rassurée. Faire taire ses questions, ses « et si » qui embrouillent pour rien. Parce que tout va bien. Tout va très bien. Tout est simple, évident. Inspirer un grand coup, sourire, et prendre encore davantage confiance en moi. Là, ancrée dans ses bras, je me suis dis que peu importe  où on sera l’an prochain, moi, je serais là où j’appartiens, dans ses bras.

Six things

¤ Je suis une incorrigible romantique…

… et parfois, oui parfois, j’avoue que j’aimerais bien que ma vie soit une comédie romantique. Je suis une incorrigible fan de comédies romantiques. Je me pâme devant Mr Darcy et la lettre de Wentworth dans Persuasion. Et puis, après, la raison reprend le dessus, et je me dis que la réalité est déjà très très chouette.

¤ Je ne sais pas cacher quand quelque chose ne va pas…

… rien à y faire, mon visage me trahit toujours. Et j’ai cette fâcheuse habitude de dire que ‘non tout va bien’ alors que c’est faux. Ça a le don d’énerver l’amoureux qui doit alors me cuisiner pour découvrir ce qui me tracasse. Je suis comme ça, ma mère est comme ça, mon père aussi. Mais, je me soigne !

¤ Je suis une fille à phases

…je vais écouter en boucle un album ou un artiste pendant plusieurs jours / semaines / mois et après ça va me passer. Et puis, ça reviendra. C’est comme ça pour tout : pour les livres, les films, les séries… C’est ce qui explique que j’ai enchaîné les 8 volumes des romans de Camilla Läckberg en quelques mois !

¤ Je ne peux pas vivre sans mon lisseur…

Bon, certes, mes cheveux ne gonflent pas à ce point, mais ils sont intenables et beaucoup trop rebelles / gonflés / moches / avec des épis sans un coup de lisseur magique. Du coup, je ne peux pas concevoir de vivre sans. Il y a un mois, j’avais même une idée folle en tête : m’acheter LE lisseur de rêve, celui que ma coiffeuse avait testé sur moi et qui était si génial, un GHD max. Or, ce petit bijou coûte…189 euros… après avoir tergiversé pendant des jours et des jours, cherché (et trouvé) une réduc’ sur Internet… j’ai été raisonnable et je n’ai pas craqué. Parce que non, je ne veux pas mettre autant dans un lisseur. J’ai en revanche changé mon lisseur vieux de 5 ans pour un Babyliss grand format que j’aime d’amour.

¤ Je suis une fille qui aime les petits rituels du quotidien…

…et qui l’assume totalement. Le soir, prendre une bonne douche qui délasse / réchauffe / rafraîchit avec de la musique, soit bien pêchue, soit toute douce (hier, c’était Angus & Julia Stone, parfait pour un moment de douceur <3), et puis prendre soin de moi, mettre de la crème hydratante sur les jambes par exemple avant d’aller lire quelques pages d’un bouquin calée dans le lit. Le matin pendant les vacances, savourer un 2e mug de café ou de thé devant le pc. Le marché du samedi matin et les commerçants si familiers. La sieste du début de dimanche après-midi avant la balade. La bière ou le coca savouré avec l’amoureux quand il rentre plus tôt le vendredi pour fêter le week-end.

¤ Je n’aime pas décevoir et je cherche toujours à faire plaisir aux autres…

… au risque parfois de m’oublier d’ailleurs ! Je suis aussi très perfectionniste, exigeante envers moi et je ne me pardonne pas grand chose. Là aussi, j’apprends…