A long time ago…

Vendredi soir, alors que nous étions dans cette salle de concert à attendre, devant nous se trouvait deux jeunes filles, des lycéennes probablement. Elles papotaient, riaient, partageaient des confidences et des anecdotes. Pendant la 1ère partie, visiblement fan du groupe qui se produisait devant nous, elles se chuchotaient à l’oreille des exclamations de joie à l’écoute des quelques notes de chaque début de chanson.

L’amoureux à mes côtés, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un léger pincement de cœur. Avoir une amie proche me manque. Terriblement.

La faute aux aléas de la vie, aux routes qui séparent, aux incompréhensions, aux caractères qui s’affirment, au temps, aux choix de la vie, aux disputes aussi parfois. Mes deux meilleures amies se sont éloignées, et je me suis éloignée d’elles. Pour l’une, j’en ai déjà parlé, c’était parce qu’elle n’a pas pu accepter que j’étais en couple et pas elle. Et même si aujourd’hui le dialogue est rétabli, nous ne nous sommes pas revues et je ne sais pas quel chemin prendra notre amitié.

Quant à l’autre ? Elle a réagi très maladroitement à mon annonce de départ, me culpabilisant, ne comprenant pas le choix de mon compagnon de quitter son travail. Pire, elle a fini par me dire qu’elle ne souhaitait plus en parler, disant qu’elle « avait autre chose à penser dans sa vie ». Cette dernière phrase m’a énormément blessée. Ce soir, j’ai lu un statut un peu mystérieux sur son Facebook,après lui avoir répondu par sms « bonne nouvelle ? ». J’avais une intuition. Elle m’a rappelée, confirmant mon intuition, elle va avoir un bébé.

Je suis très heureuse pour elle, je sais qu’elle avait envie de fonder une famille depuis longtemps. Et malgré la distance qu’il y a entre nous, mes ressentiments à son égard sur son attitude vis-à-vis de mon départ, je suis heureuse pour elle. Mais aussi triste et terriblement nostalgique. Parce que je me suis dis qu’il y a quelques mois, quelques années, j’aurais été la première à le savoir. Qu’on aurait partagé tout ça, que j’aurais fais partie de la vie de ce bébé. Aujourd’hui, je suis une des dernières à l’apprendre, je ne serais pas grand chose pour son bébé. Et ça me rend triste. Pourtant, je sais que l’on est devenues trop différentes, que les points communs sont devenus rares, que le silence se fait pesant quand on se voit. Faire le deuil d’une amitié n’est jamais simple.

Je regarde en arrière, et je me demande ce que je n’ai pas su faire, pas pu faire pour conserver ces amitiés de la fac, et les faire évoluer vers des amitiés de femmes adultes. J’envie l’amoureux et son groupe d’amis de la fac qui, malgré la distance, la vie, arrive à les voir au moins une fois par an et aux grandes occasions sans que les liens ne paraissent distendus.

Mes amitiés féminines me manquent.

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Un grand changement à l’horizon…

Cette rentrée scolaire a un parfum tout particulier pour moi. J’ai eu envie d’en parler depuis quelques semaines, et puis, le temps m’a manqué, le courage aussi peut-être. Ce que je vais écrire, je ne l’ai pas encore dit à tout mon entourage. Je me suis dis que l’écrire rendrait peut-être les choses plus faciles.

Cette rentrée a un parfum tout particulier pour moi, ce sera la dernière que je vais effectuer en France pour un petit moment. En juillet, je serais ailleurs, catapultée dans une aventure aussi effrayante qu’excitante. En juillet, je l’aurais rejoint dans ce pays qui deviendra le nôtre pour quelques années.

Fin juin, l’amoureux a reçu une opportunité professionnelle exceptionnelle pour lui. Le boulot de ses rêves. Il a passé un entretien, qui s’est très bien déroulé. On a beaucoup stressé. J’ai beaucoup pleuré aussi, bouleversée par ces perspectives de changement effrayantes. Car ce travail de rêve, il n’est pas en France, mais en Suisse. Et en Suisse alémanique qui plus est. Les vacances ont été stressantes pour nous deux. On a beaucoup parlé, de nous, de notre avenir. Il n’imaginait pas une seconde que je ne le suive pas. J’ai été en colère, angoissée, j’ai même souhaité un temps qu’il ne soit pas pris. Mais au fond de moi, je le savais. Je le sentais. La réponse est venue fin août, pendant que nous étions à Saint-Malo. Alors, comme sa boîte actuelle va très mal, qu’il n’a pas de possibilités d’évolution, que c’est LE poste dont il rêvait, une opportunité unique, il a accepté.

Voilà, c’est dit, on part. On quitte la France, et on s’installe en Suisse.

Et moi dans tout ça ? Après avoir pensé un temps muter à la frontière, on a réalisé que nous serions éloignés de 200 ou 300km au mieux. Alors, en juin, je quitte mon poste, mon travail, et je pars en disponibilité pour suivi de conjoint. Et je le rejoins. Là-bas, j’espère trouver un travail, au moins à mi-temps, dans des écoles privées ou des lycées français. Je n’exclus pas non plus de faire autre chose, quitte à reprendre une formation.

Je sais que ça sera difficile. Il y aura les mois de séparation, à plus de 700km l’un de l’autre. Il va falloir apprendre l’allemand (perspective hautement réjouissante à mes yeux ^^), s’habituer à un nouveau pays, renoncer pour un temps à une indépendance financière, être loin de ma famille et de mes proches. Mais, quand j’imaginais quelques instants être séparé de celui qui partage ma vie, c’était impossible, inenvisageable. Ma vie, je ne veux la vivre qu’avec lui, c’est aussi simple et évident que cela. C’est lui, c’est moi, c’est nous.

Et une sacré aventure qui nous attend… c’est à la fois effrayant et exaltant.