Les premiers rayons du printemps

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Les jours qui rallongent, et pouvoir aller s’aérer après le travail. Le soleil, qui réchauffe le cœur. Les fleurs colorées aux arbres, les jonquilles dans les jardins, les arbres qui retrouvent leurs feuilles.

Ranger, pour plusieurs mois, les pulls chauds, les bottes, et ressortir les petits hauts et les robes plus légères. Avoir envie d’une paire de ballerines rouges.

Cultiver sa passion pour les motifs à pois. Craquer pour une robe et aller se l’offrir en fin de semaine, parce que parfois, ça fait du bien de se faire un petit cadeau, comme ça, sans vraie raison.

Retrouver le calme de l’appartement le soir et se rafraîchir avec un Coca Light en lisant vos blogs.

Recevoir un mail, sentir son cœur s’accélérer, une nouvelle opportunité professionnelle qui se présente. Ne pas en parler, pas encore, par superstition peut-être. Avoir envie d’y croire. Se sentir un peu terrifiée et se dire que ça pourrait être chouette.

Déguster les premières fraises de l’année, comme ça, juste avec un peu de sucre ou une petite banane coupée en morceaux. Le retour de la salade tomate / mozzarella. Le plaisir des salades colorées et légères qui se dégustent avec le sourire.

Ces deux jours réservés à Londres début juillet, avec les copines du boulot, une manière parfaite de terminer notre année et ce chapitre de ma vie.

L’officialisation du départ, et les réactions qui font gonfler le cœur, m’émeuvent. Je n’aime pas les départs, et celui-là sera plein d’émotions. S’arrêter et regarder ses élèves, soupirer, être nostalgique, fière aussi un peu. Profiter des collègues et des rires en salle des profs.

Aller marcher au bord de l’eau, avec pour seuls accessoires des lunettes de soleil et mes écouteurs. Respirer l’air pur, sentir les tensions accumulées se dissiper au fil des pas.

Et les premières notes du nouvel album de Raphaël qui présage d’un nouveau bijou.

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Les jolies choses #3

Cette semaine, sur la toile, j’ai lu, aimé, été touchée par ces jolies notes…

∗ De l’amour, simple, vrai, touchant. Chez Lane avec une note qui m’a émue, un mariage simple, sans chichis, mais avec de l’amour, du vrai. Et puis de l’amour chez Ingrid, qui nous fait partager sa vision du couple (et qui me parle, beaucoup).

∗ Une note émouvante, touchante, qui fait écho chez moi (et chez beaucoup visiblement) sur ces amitiés qui s’effritent et qui font mal. Comme toujours, la plume de Camille qui touche et fait mouche.

∗ Une escapade en Bretagne, qui donne envie de (re)découvrir cette région si belle et que j’aime d’amour depuis ma première visite il y a plus de dix ans. Les photos de Céline sont très chouettes, et j’avais vraiment envie de vous les faire découvrir.

∗ Un petit clin d’oeil qui m’a fait sourire : un week-end en Suisse, notamment du côté de Bâle et de Zürich, pas très loin de là où je vais poser mes valises dans moins de trois mois. C’est à découvrir chez Anne & Aurélie.

 ∗ Un joli univers à découvrir, celui de (Cé)Line Hogsark (encore une Céline, j’ai toujours une tendresse particulière pour celles qui portent aussi mon prénom je dois l’avouer) (mais j’ai surtout craqué pour son blog) (et celui de sa sœur Manon aussi par la même occasion).

Et vous, vos coups de cœur de la semaine ? 

La distance

Tu sais, au début, tu m’effrayais. J’ai cru, ou, plutôt, j’ai craint que tu allais prendre le dessus sur moi. Je sais que tu fais peur à certains et j’avoue en avoir fait partie. Et puis, j’ai appris à t’apprivoiser. On a appris à vivre ensemble, toi, lui, moi. Je ne dis pas que tout est gagné, je n’ai pas cette prétention. Ni celle de pouvoir dire que je te connais dans tes moindres détails et recoins parfois sombres, que je sais vivre avec toutes tes facettes. Je n’ai pas la prétention de donner des conseils, ni même pire, des leçons. On a fait un peu plus de la moitié du chemin, toi, moi, lui, nous. On a passé le plus dur, non ? Les mois d’hiver, la nuit qui tombe trop tôt, la solitude abrupte, le silence lourd dans l’appartement qui paraît trop grand. Et puis, lui, dans ce pays totalement inconnu, seul, mais si fort, si confiant. L’habitude s’est installée. Le retour à une routine à la fois familière, mais différente.

Se dire qu’on est pas les seuls à vivre cette relation à tant de kilomètres de distance, et qu’on a de la chance. Je pense à ce couple d’amis qui vit depuis plusieurs années entre Paris et Lyon, qui se voit le week-end, à leurs projets mis en pause. Notre chance, nous, c’est de savoir que cette séparation est temporaire, que, dans trois mois, elle fera partie de notre histoire. Une nouvelle étape franchie. Qui nous aura rendus plus forts.

Parce que oui, tu vois, tu nous as encore plus rapprochés l’un de l’autre. On avait sans doute pas besoin de ça pour savoir qu’on s’aime, oui. Et pourtant, se manquer nous prouve que notre relation est solide, vraiment solide. Que sans lui, il me manque quelque chose, cette partie de moi qui fait que je ne suis pas tout à fait moi sans lui. Il est mon équilibre.

Parfois, tu te fais plus présente, plus pesante.  Dans ces moments là, il me manque plus que d’habitude. Ça vient comme ça, sans raison. Comme une bouffée de manque qui m’envahit et me met les larmes aux yeux. Je me promène au bord de l’eau et il me manque. Le lit me paraît vide et froid, et je guette sa respiration. Parfois, j’ai l’impression d’entendre ses pas dans l’escalier. Je compte les jours jusqu’à nos prochaines retrouvailles, et il me manque. Alors, dans ces moments là, je me raccroche au positif, aux jolis moments passés et à venir, je me raccroche à son sourire et à nos projets. A sa confiance inébranlable en moi, à ses mimiques pour me faire rire. A ses déclarations spontanées, touchantes, qui chavirent le cœur.

Et puis, je souris en pensant à cette sensation incroyable quand on se retrouve, la joie inexplicable des retrouvailles, comme si le cœur allait exploser et qu’on se jette dans les bras l’un de l’autre. Comme si on s’était quittés la veille, comme si tu n’existais pas, comme si tu n’avais pas d’importance, de prise sur nous. Et puis, avec toi, lui si pudique parfois, se fait souvent plus démonstratif dans ce qu’il ressent. Tu m’auras fait avancer, mûrir. Tu m’apprends à être plus sûre de moi et de nous.

Et ta fin qui s’approche, à la fois si lentement et si vite.

Le reflet


C’était il y a quelques jours, j’étais en train de passer le temps sur l’ordinateur, et puis, sans savoir vraiment pourquoi, je me retrouve devant ces souvenirs d’avant immortalisés sur la pellicule. Instantanés de Rome, Londres, d’anniversaires, de restaurants, de repas de famille. Je cligne des yeux, m’approche de l’écran pour mieux voir. J’ai du mal à me reconnaître. A l’œil nu, les changements paraissent anodins. Quelques kilos en moins, pas tout à fait les mêmes vêtements, des lunettes différentes, des cheveux un peu plus longs, un maquillage différent aussi peut-être. Et pourtant.

Moi je sais que c’est bien plus que ces détails qui font pourtant beaucoup. Plus sereine, apaisée. Moins effrayée. Plus à l’aise avec moi. Apprendre la bienveillance avec soi-même, prendre du recul. Vivre, profiter, apprendre à ne plus se juger hâtivement parfois. Ne plus garder en soi les peurs, les petits coups de blues, les contrariétés. Et aussi apprendre à apprivoiser son tempérament susceptible et cette sensibilité à fleur de peau qui est une faiblesse autant qu’une force. Faire des choix parfois tant éloignés de ces petites certitudes qui t’empêchent d’avancer, se laisser surprendre, porter et se réjouir du voyage.

S’affirmer, affirmer ses goûts. S’écouter, d’abord. Etre heureuse, et le dire, haut et fort, et tant pis pour ceux que ça peut gêner, embarrasser, qui chuchotent dans ton dos et te trouvent peut-être niaise. Consommer un peu différemment et l’assumer totalement. Acheter moins, mais mieux. Les pièces simples, féminines, qui me ressemblent et se sentir jolie en regardant son reflet dans le miroir. Se détacher des gens égoïstes, fermés, et voir une amitié disparaître en se disant que c’est la faute aux chemins trop différents.

Il y a aussi toutes ces parties de moi qui ne changent pas. Le goût pour les balades les écouteurs dans les oreilles, boire toujours trop de thé, se poser un milliard de questions et ne jamais avoir l’esprit au repos, le goût des plaisirs simples. Le manque de confiance qui revient parfois me hanter et me tourmenter, les doutes que je n’arrive pas à taire constamment.  Des blessures enfouies et jamais cicatrisées. Ma foutue tendance à la procrastination. Ma paresse quand ça touche au sport, ces résolutions jamais tenues. Mes rêves de New York, de voyage en amoureux. L’amour pour la mer en hiver.

Et puis, mon regard se pose sur cette photo prise il y a quelques jours, un instantané de moi par moi. Un peu désarçonnée par ce que je ressens, tout cela est encore nouveau, encore un peu inattendu.  Je me trouve belle. Et c’est sans doute une de mes plus jolies victoires sur moi.

La page blanche

Mes mots s’alignent sur le papier, et me paraissent creux, vains. Dans un coin de ma tête résonnent ces rimes que je crèverais d’envie de pouvoir écrire. J’envie tant ceux qui savent si bien manier les mots. Avide, ivre d’envie, je me laisse porter par la beauté insolente de ces enchaînements. Je regarde, un sourire au coin des lèvres, ce petit monde vivre sans moi.  Capturer un moment saisi dans l’objectif. Lumière, couleur, sensation. Montrer au monde.

Les jours passent, filent. Parfois, malicieux, le temps s’accélère. Ces trois jours de retrouvailles tant attendues et qui sont passées si vite, comme un clignement d’œil. Dans tes bras à l’aéroport, je n’ai pas envie de te laisser repartir, et toi, tu meurs d’envie que je vienne, là, maintenant. Retrouver l’appartement qui paraît si vide, silencieux. Et puis, ces rituels qui réchauffent le cœur, rendent l’absence moins douloureuse. Ces petits mails anodins dans la journée, rire pour n’importe quoi sur Skype, ne pas avoir envie de se dire au-revoir pour ce soir, alors, parler, parler, parler, se sourire, rire, se dire qu’on se manque, qu’on a hâte d’être réunis. Et cette certitude que la distance nous a rendus plus forts, plus sûrs encore de nos sentiments.

Et puis, envoyer cette lettre. Officialiser ce nouveau chapitre de ma vie et se retrouver devant une page blanche. La peur, l’impatience, l’excitation, l’appréhension, tout ça se mêle, s’embrouille. La page blanche me regarde, parfois, j’ai l’impression qu’elle me nargue. Parfois, qu’elle me sourit, me rassure. Esquisser, raturer, hésiter, se lancer, attendre, espérer, prendre des risques. Et l’apprivoiser.

***

When I’m away, I will remember how you kissed me
Under the lamppost back on Sixth street
Hearing you whisper through the phone,
« Wait for me to come home »

Bande-son : Ed Sheeran – Photograph