Les (petits) plaisirs #5

Mettre du vernis rouge et renouer avec le plaisir des mains joliment mises en valeur. Une robe à pois achetée pour rien à Camden Market, vite devenue une pièce fétiche. Les essentiels, du bleu, des pois, du camel, du rouge sur les ongles et les lèvres.

Prévoir les futures escapades. Prendre la route, et aller découvrir Züg, son lac, sa vieille ville. La petite balade du dimanche, les incontournables, faire découvrir à une partie de sa famille les chutes du Rhin et Schaffhausen. Le vent, les paysages qui se font plus montagneux. Il fait bien gris, mais c’est pas grave, on profite quand même.

Se trouver belle et avoir même du mal à se reconnaître sur une photo. Et un selfie plein d’amour.

Le voir si heureux, comme un enfant le matin de Noël, devant sa nouvelle voiture. L’odeur du neuf. Les petites routes de campagne et leurs lacets.

Recevoir des mails de mes grands-parents, si emplis de tendresse et de malice.  Les discussions mère-fille sur Skype.

 Voir l’appartement prendre forme, le nombre de cartons diminuer peu à peu. Les livres enfin à leur place dans les étagères.  Retrouver son bureau, familier, chaleureux, et pianoter sur le pc.

Déguster un thé en faisant le tour des blogs. Découvrir les nouvelles perles de chez Comptoir des Cotonniers. Avec dans les oreilles, les trois premières pépites du dernier AaRON attendu avec impatience.

Un livre qui en chasse l’autre. Lire quelques pages, quelques chapitres, le dos calé derrière l’oreiller avant de dormir. Lire au bord de l’eau. Chasser vite la déception et, chose rarissime, le roman abandonné, et passer, vite, à autre chose.

L’apéro improvisé du soir, une bière sur le balcon, l’écouter me raconter sa journée, parler de tout et de rien. Avant de faire la cuisine en duo.

Prendre les baskets et partir en forêt, au pied de l’appartement. Monter, respirer, l’air pur, les arbres, la nature. Un banc, un livre, s’asseoir et lire.

Et le vent qui tourbillonne.

La liste de mes envies

Elles sont futiles, profondes, pour certaines bientôt réalisées, des projets encore flous, un peu en vrac. Ce sont mes envies, peut-être que certaines resteront des idées un peu vagues, des rêves jamais réalisés. D’autres arriveront sans doute, ou seront oubliées dans cette liste qui se veut ni exhaustive ni prescriptive. Elles sont là pour rêver un peu, bousculer le quotidien parfois, faire avancer. Et, surtout, avant tout, pour faire sourire

Crédit photo : Quentin Douchet – Flickr

¤ Aller admirer le coucher du soleil en amoureux en haut de la dune du Pila.

¤ Revoir AaRON en concert (et ne pas penser à cette occasion manquée, le concert le jour de ma fête dans mon ancien chez moi).

¤ Aller à New York en amoureux.

¤ Lire Anna Karénine et rattraper le retard accumulé dans ma liste de livres à lire.

¤ Aller marcher tous les jours en forêt ou au bord du Rhin.

¤ Se mettre à la course à pieds.

¤ Remplir le carnet des idées de recettes à préparer à deux.

¤ Rejoindre un groupe d’expat’ et se faire des liens dans notre nouvel environnement.

¤ Voir – enfin – Coldplay en concert.

¤ Lui faire découvrir Londres & Rome. Découvrir ensemble Amsterdam, Prague, Vienne, Copenhague…

¤ Lire toujours plus en anglais.

¤ Déguster une glace sur le remblais des Sables d’Olonne, une autre à St-Gilles pendant notre escapade vendéenne.

¤ Retourner à Rouen et revoir ma ville sous un œil neuf.

¤ S’offrir un séjour détente avec spa / hammam

¤ Aménager notre appartement pour en faire un petit cocon.

¤ Marcher dans la neige.

¤ Un week-end en amoureux en Alsace au moment des marchés de Noël.

¤ Etre toujours plus tolérante envers soi-même. Et moins susceptible aussi parfois.

¤ Ecrire.

¤ Trouver vite un travail (épanouissant et excitant).

¤ Lire au bord du Rhin à l’ombre des arbres.

¤ Apprendre, découvrir, cultiver sa curiosité.

¤ Déguster des grillades sur le balcon avec une bière bien fraîche les soirs d’été.

¤ Adopter son nom.

¤ Voir mon ventre s’arrondir et passer de 2 à 3.

 

Et vous, quelles sont vos envies ? 

Le premier jour

J’ai quitté la Normandie sous une petite pluie fine et un ciel gris, comme si elle voulait à tout prix ressembler aux clichés parfois vrais qui l’accompagnent. Près de huit-cent kilomètres avalés en voiture, sans se tromper, sans se perdre, en toute quiétude. Les épaules un peu endolories, les jambes un peu lourdes, mais j’ai passé la frontière et puis, je me suis arrêtée sur le parking au bas de chez nous. Et comme ça, j’étais arrivée, j’étais une expatriée.

Il y a des cartons un peu partout, des meubles à installer, prendre ses marques, mais ça, c’est pas grave. C’est même chouette de faire de cet appartement notre chez-nous, de le remplir de livres et d’y mettre un peu de chaleur. Le stress et la fatigue des dernières semaines vont bien finir par me tomber sur le coin du nez, mais, pour le moment, je suis toujours une petite tornade d’énergie qui range, trie, aménage.

Entre les cartons, les papiers, des rdv médicaux, il y a eu deux jours de parenthèse à Londres, et c’était très chouette. On a beaucoup marché, j’ai eu la confirmation que Londres et moi, c’était une grande histoire d’amour. C’était aussi une très jolie manière de dire au-revoir à mes copines du boulot.

Le repos sera cependant nécessaire et je dois prendre soin de moi. Rien de grave, mais au milieu des préparatifs du départ, au détour d’une prise de sang de contrôle, on m’a découvert un pépin de santé. Un truc commun, qui touche beaucoup de femmes, pas grave, mais très embêtant et, surtout, qui demande un suivi médical très régulier. Pas l’idéal quand on part vivre dans un pays où l’assurance médicale privée coûte très chère et dans lequel on ne parle pas vraiment la langue. On est pas très loin de France, heureusement. Alors, je vais prendre soin de moi, me soigner, me reposer, savourer d’être de nouveau à deux, lire, lire, lire. Et compter les jours avant nos vacances atlantiques.

Et puis, surtout, surtout, nous retrouver, enfin, après sept mois de vie de couple mise entre parenthèses. Me blottir dans ses bras, nos fous-rires, se sourire, et puis, ce projet un peu fou qui se dessine, mais chut, je ne dis rien pour le moment.

Lundi, c’était le premier jour de ce nouveau chapitre, celui de ma vie d’expatriée.