Et après

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Vendredi soir. Le match de foot en fond sonore, et moi qui lis dans la chambre. L’amoureux est arrivé, il venait de lire une information un peu bizarre sur internet à propos d’une fusillade à Paris. On a pensé que c’était une histoire de règlements de compte, de petits délinquants. Et puis, on a fini par comprendre. A force d’actualiser Twitter et les journaux en ligne. On a commencé à réaliser l’horreur qui se déroulait là, à huit-cent kilomètres de nous, dans notre pays. On a compris que janvier recommençait, encore. On a passé plus de deux heures, incrédules, effrayés, à actualiser les fils d’information. La consternation, l’horreur, l’incompréhension. Les larmes, la nausée. La tristesse, l’effroi. Et puis, on a fini par s’endormir. Vers cinq heures du matin, il m’a réveillé. Le bilan du Bataclan, implacable, glaçant. Je me sens glacée, effarée. On se serre l’un contre l’autre. On se dit je t’aime. On regarde sur les réseaux sociaux, nos amis parisiens vont tous bien, et on mesure notre chance d’être loin. On a du mal à se détacher des nouvelles, de l’écran. Les images de disparus qui s’égrènent sur Twitter. Ils sont tous si jeunes, si beaux, si souriants, les gens heureux sont toujours beaux. J’ai du mal à retenir mes larmes. Les disparus laissent la place aux morts, trop souvent. Des gens comme vous, moi, nous, qui sont juste sortis un vendredi soir pour s’amuser. On a frappé tout ça, le bonheur, la joie, la liberté, l’indépendance d’esprit.

Et puis, au milieu de toute cette noirceur, il y a la lumière. Insolente, vacillante parfois, mais forte et éternelle.

 La solidarité, l’humanité tout simplement. Une bougie, une prière, une minute de silence, une Marseillaise, un don de sang, une rose dans un impact de balle, un rassemblement, des mots, des écrits, des chants, réagir, sortir, se recueillir chez soi ou ailleurs. A chacun sa réponse, sa façon de réagir aussi, mais peu importe, tout, sauf l’indifférence. On a le droit d’avoir peur, oui. Même si je suis loin, oui, j’ai peur. On a le droit d’avoir envie de braver tout ça, de dire merde aux terroristes en sortant dans les bars, en voulant vivre encore plus fort et avec plus d’éclat. Oui, j’ai peur, mais j’ai aussi envie de vivre, de respirer encore plus fort, de laisser mon cœur battre plus fort.

J’ai du mal à trouver les mots, ils sont maladroits sans doute. Mais j’avais envie, à l’instar d’autres qui l’ont fait sans doute bien mieux que moi, d’écrire. L’émotion m’étreint depuis vendredi. Elle m’emprisonne un peu. Ce matin, c’était étrange d’aller faire un cours de français dans une école où personne ne parlait vraiment de ça, alors que j’avais du mal à penser à autre chose. J’avais besoin d’écrire, de partager. De mettre des mots sur ces émotions si fortes.

Et maintenant ?

Dire aux gens qu’on aime combien on les aime. Sourire, chaque jour. Cultiver la bienveillance envers les autres et envers soi. Prôner le respect, la générosité. Apprécier les petits et grands trésors de la vie. Rêver. Rire. Espérer. Ne pas oublier. S’unir. Etre solidaire. Faire des projets. Découvrir, apprendre, comprendre. Voyager, s’ouvrir. La tolérance. Transmettre, partager, mettre à mal les préjugés et les idées reçues. S’aimer, inconditionnellement.

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Et puis, les lire et être émue, touchée par leurs mots. Les mots de Célie, Camille, May, Anne-Sophie, Laura, Kenza, Marie entre autres.

Et puis la voix de Chris Martin.

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C’était octobre

Octobre, tu auras été un mois compliqué. Des jours sans, le moral en berne parfois, des moments d’incertitude, de doutes. Et puis, des éclaircies. Novembre s’annonce déjà plus serein…

(source)

¤ Une escapade en France le temps d’un samedi ensoleillé. S’offrir un restaurant en amoureux, déguster un risotto et un verre de vin blanc.

¤ Partir à la recherche du manteau parfait pour l’hiver, et avoir un coup de foudre pour un manteau chez Comptoir des Cotonniers. L’essayer, se trouver jolie dedans, voir l’approbation dans ses yeux. Et sentir sous ses doigts la douceur de la laine.

¤ Trouver et craquer un peu pour agrémenter le manteau l’écharpe parfaite, et s’offrir une écharpe toute douce chez Sézane. Sourir grand grand en recevant le colis si joliment emballé, déchirer un peu fébrilement le papier qui l’entoure et l’enrouler autour de son cou, toujours le sourire bien accroché.

¤ Le retour des collants. Mettre des jolies robes. Mes bottines Sézane. Avoir envie de craquer pour une nouvelle paire, mais se raisonner.

¤ Aller s’aérer en forêt, faire une bonne balade et entendre le bruit des feuilles sous ses pas.

¤ Mettre du rouge sur ses lèvres et sur les ongles. Rouge Baiser et Essie, les fidèles compagnons toujours là.

¤ Déguster au retour un thé à la châtaigne avec une petite gourmandise, deux carrés de chocolat blanc suisse acheté comme ça, juste pour le plaisir.

¤ Le rituel du dimanche soir, éplucher, couper, sentir son esprit s’apaiser au rythme du couteau. Sentir l’odeur de la soupe maison qui embaume l’appartement et la déguster bien chaude, dans un bol avec une tartine de pain croustillant.

¤ L’inattendu dans la boîte aux lettres, le sésame tant attendu, le permis de résidence que j’aurais eu tant de mal à obtenir. Sentir ses épaules bien plus légères, respirer, se dire que désormais tout sera plus simple.

¤ Des baisers dans le cou. Sa foi en moi et sa capacité à être positif, toujours.

¤ Une balade automnale au bord du Rhin, et le coucher de soleil époustouflant contemplé en silence.

¤ Candidater pour un poste pour lequel je n’ai pas l’expérience demandée, mais le faire, pour tenter et ne rien regretter.

¤ Prévoir le retour en France pour les fêtes de fin d’année et avoir hâte de revoir Rouen, ma famille et les indispensables. Rire sur Skype avec elles et prévoir notre repas de retrouvailles juste avant Noël.

¤ Trouver un bon petit restaurant ici, avec un serveur souriant, un menu en anglais, un burger. Le partager avec lui et cet autre Français qui va peut-être venir s’installer par ici. Savourer le fait de parler Français et partager son expérience.

¤ Lire le dos bien calé sur l’oreiller et s’évader vers d’autres lieux, d’autres histoires.

¤ Boire du thé, et attendre avec impatience la commande Dammann qui devrait arriver cette semaine.

¤ La jolie surprise du matin, l’air entraînant et le titre qui fait sourire. La magie Coldplay qui agit, encore et toujours. Et puis le nouveau Sara Bareilles qui tourne déjà en boucle et sa voix qui donne des frissons.

¤ Ecrire un peu chaque jour, et la satisfaction d’arriver à tenir enfin un challenge. Et retrouver le plaisir de partager ici.

Photos personnelles hormis la première