Une journée sur l’île de Mainau


Profitant d’un jour férié ensoleillé de mai, nous sommes partis à la découverte de l’île de Mainau sur le lac de Constance, en Allemagne à la frontière avec la Suisse. Elle appartient aux descendants de Bernadotte et donc à la famille royale de Suède, et les descendants ont d’ailleurs toujours une aile privée dans le château de l’île.

L’île de Mainau est surnommée « l’île aux fleurs » en raison de ses parcs et jardins fleuris et arborés. Le climat de l’île est en effet très propice au développement des arbres et fleurs et on y découvre donc un patchwork d’espèces, de couleurs, de senteurs. C’est vraiment un endroit magnifique où il fait bon déambuler au soleil. Partout, la nature, des couleurs, des odeurs de fleurs, et la vue toujours époustouflante du lac de Constance.

Au fil de la balade, nous avons découvert un arboretum avec, entre autres, quelques séquoias géants, des parterres de jonquilles colorées,des vignes,  des jardins aménagés, une serre aux papillons et même une mini-ferme avec chèvres et poneys pour les enfants ! On croise aussi quelques paons au détour d’un chemin. Bref, nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette île, et nulle doute que nous y retournerons de temps en temps.

Pour finir, je ne peux donc que vous conseiller de venir passer quelques jours à Constance, le temps de découvrir Mainau, le lac et la ville (dont je suis un peu amoureuse je crois), mais aussi Meersburg.

En attendant, je vous emmène avec moi à la découverte de l’île aux fleurs.

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Photos personnelles.

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Une semaine (sans lui)

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J’ai longtemps vécu seule. Et j’ai aimé ça, oui. Pas tout le temps, ni tous les jours. Mais, j’ai aussi aimé ces années là. Je ne sais pas si ça vient de mon caractère, du fait que je sois enfant unique aussi peut-être. J’ai aimé la liberté de pouvoir faire ce que je voulais, de pouvoir passer la journée en pyjama à regarder des séries, d’aller marcher avec des écouteurs dans les oreilles. Toutes ces choses, on peut aussi les faire à deux, oui. Mais ce n’est pas pareil. Ce n’est pas forcément mieux ou moins bien. C’est juste différent. Et puis, j’ai toujours eu besoin de moments à moi. Sans parler, sans avoir envie de parler même, moi la grande bavarde, qui n’est donc plus à une contradiction près.

Et pourtant, vivre à deux, avec lui, m’a paru si facile, évident. Vous savez ces articles, ces anecdotes qu’on lit parfois sur les difficultés à vivre en couple, elles me sont inconnues. On a commencé à partager le quotidien très vite. On s’est rencontrés en juin, on a emménagé ensemble en février. Ça peut sembler rapide, pour nous c’était… évident, naturel. Parce que malgré nos différences, on se ressemble beaucoup. On aime notre indépendance, avoir des moments à nous. Être ensemble, vivre ensemble, faire des projets, partager. Mais tout en gardant aussi des moments à soi. Pour lire. Regarder des séries. Voilà bien une activité que je fais toujours seule, contrairement à ce que je lis sur la toile ou ce que j’entends de beaucoup de couples. C’est simple, j’aime regarder des séries, lui pas du tout. Et finalement, j’aime que cela reste quelque chose à moi, pour moi.  Savoir respecter notre envie d’indépendance, celle s’aménager des moments rien qu’à soi, sans l’autre, c’est ce qui nous rend forts aussi. Soudés. C’est comme ça qu’on aime vivre, ensemble, en partageant tout, mais en faisant aussi des choses chacun pour soi.

Et puis, quand il n’est pas là, comme cette semaine qui vient de s’écouler, il me manque indéniablement quelque chose. Comme cette petite pièce de puzzle qui rendrait l’image complète. Cette semaine, je me suis sentie étrangement fébrile, plus angoissée. Parce que quand il est là, je me sens plus sereine, plus à ma place. C’est étrange, mais, par exemple, j’ai du mal à bien dormir seule désormais. Entendre sa respiration et le savoir à quelques centimètres de moi m’apaise, me rassure. Il est parti depuis à peine une semaine, et oui, il m’a manqué. Même si j’ai aimé avoir l’appartement pour moi pendant ces jours, oui, même si je suis heureuse qu’il ait profité à son tour de sa famille en France. Même si une semaine, c’est rien. Mais oui, il m’a manqué. Il revient demain soir.

Et revoir la mer

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Etretat – photo personnelle

Depuis qu’il avait été décidé que j’irais passer une semaine en Normandie en avril, j’égrenais un peu les jours dans ma tête. Et puis, finalement, on y était, ce samedi de départ. L’amoureux m’a déposé à la gare, en avance, parce qu’il sait que j’aime avoir le temps et aussi parce que j’avais très envie d’un chaï latte au Starbucks. J’ai lu une bonne partie du voyage dans le TGV, j’ai un peu couru pour attraper mon train vers Rouen et puis comme ça, dans l’après-midi, j’étais en Normandie. Collée contre la vitre, j’ai vu défiler des paysages vus et revus des milliers de fois, et je suis me sentie un peu bêtement émue à la vue de la Seine et des ponts de ma ville natale. J’étais de retour à la maison.

En décembre, avec Noël, le tourbillon des fêtes, ce retour m’avait paru inachevé, et j’avais traîné pendant plusieurs jours un coup de blues et de nostalgie. Alors, cette fois-ci, j’avais envie de savourer, de profiter, vraiment. De passer des moments simples avec ma famille, de profiter de ma mère, de mes grands-parents, de passer une journée avec mon père.

De cette semaine, il restera mes retrouvailles avec ma ville, ses rues pavées que je connais encore par cœur. La trouver si belle, la redécouvrir et se surprendre à l’aimer différemment. Avec un regard neuf. Cette sensation si étrange de revoir des lieux autrefois banals, familiers, quotidiens et devenus si rares. On les apprécie d’autant plus. Vouloir profiter de chaque instant, pour que le temps ne file pas entre mes doigts. Déguster la tarte aux pommes de ma grand-mère. S’offrir quelques restaurants, et revenir avec de nouveaux vêtements. Prendre un thé en terrasse près de la cathédrale. Retrouver notre ancien quartier et sourire devant ce banc où tout a commencé il y a bientôt trois ans. Marcher sur les quais. Prendre la voiture et filer sur la côté. Le soleil bleu, la mer à perte de vue, et les falaises. Le retour aux racines. Respirer l’air marin, ajuster l’écharpe autour du cou car le vent est encore bien frais. Commencer l’ascension. S’arrêter, souffler, admirer la vue. Parler de tout et de rien avec ma mère. S’offrir une crêpe banane / chocolat et un bon thé. Flâner dans les petites rues, et revoir la petite maison où a vécu mon arrière-grand-mère. Retrouver des lieux, des bruits, des odeurs, et pourtant, c’est comme si mon œil était neuf, différent. Comme si, à force de voir des lieux, de les habiter, d’y évoluer, on finit par ne plus les voir véritablement. Les grands sourires, les retrouvailles chaleureuses, les mêmes questions qui reviennent, encore et encore, et les mêmes réponses. Oui, tout va bien, en Suisse. Je donne des cours de français, et ça me plaît. Oui, ce n’est pas du temps plein, mais c’est un début. Non, on ne prévoit pas de revenir en France pour le moment. Et puis, tous ces « madame, vous nous manquez »,  ces « madame, vous voulez pas revenir, on aime pas trop votre remplaçant, c’est plus pareil sans vous » qui chamboulent.

Cette semaine m’aura fait du bien. J’ai eu l’impression de me retrouver, d’avoir pris une bouffée de sourires et de sérénité. Parce que, soyons honnêtes, oui, ce n’est pas tous les jours facile, beaucoup de choses me manquent, oui. Parfois je doute ou je suis envahie par la peur. Il a été difficile de partir ce dimanche matin gris sur le quai de la gare.

Et pourtant, alors que le train avalait les kilomètres et que je l’ai retrouvé sur le quai de cette gare, j’ai su, au plus profond de moi, avec une certitude troublante pour moi qui doute toujours de tout et de moi en particulier. J’ai su que je ne regrettais pas, pas la moindre seconde, d’avoir fait ce choix de partir. Ce choix, qu’on me dit parfois être courageux, que d’autres n’ont pas compris ou ne comprennent toujours pas d’ailleurs, ce grand bouleversement, il m’a fait du bien. Il m’a fait grandir, mûrir, sortir de ma zone de confort. Je crois qu’il était temps de tourner une page, tout simplement. De prendre un risque. De se bousculer.

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