Les (petits) plaisirs #6

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Lire alors que l’orage gronde et la pluie tambourine sur les carreaux. Le dernier roman (ou presque car j’attends la sortie en poche de « La maison du lac ») qui me reste à lire de ma chère Kate Morton. Découvrir un univers, une atmosphère et être transportée. Un hamburger poulet – guacamole – mozzarella. Trinquer à nos trois ans. Acheter deux robes en soldes en espérant qu’elles m’iront une fois arrivées à bon port. Le masque à l’argile du dimanche matin et sentir sa peau toute douce après. Se dégourdir les jambes au bord du Rhin pour admirer le fleuve si haut qu’il recouvre même le banc sur lequel j’aime, l’été, m’asseoir pour lire au bord de l’eau. Admirer, malgré la foule de la saison touristique, les chutes qui se déchaînent comme rarement et qui couvrent toutes nos tentatives de conversations. Les tortillas improvisés pour déguster le reste du guacamole avec un rosé frais. Le plaisir non-coupable de la petite sieste. Cacher un peu les cernes en se maquillant et décider d’enfiler une jolie robe même pour rester à la maison. Déguster un thé sur le balcon et sourire en voyant les adorables chatons de nos voisins courir et jouer dans l’herbe. Retrouver Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha avec l’envie subite de revoir, une fois de plus, l’intégrale de Sex and The City. Acheter une romance légère soldée à moins d’un euro sur Amazon. Recevoir la première robe et « ouf » elle me va et « ouf » elle est jolie. Profiter de la douceur du soir pour aller marcher un peu après le dîner, et se retrouver en pleine campagne à cinq minutes en voiture. L’odeur de l’herbe fraîchement coupée. Juillet et les vacances qui pointent le bout de leur nez. Avoir hâte de lui faire découvrir ce coin de Bretagne que j’aime tant.

Et puis, sentir son corps se remettre, évacuer la fatigue et se sentir bien.

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L’odeur des pivoines

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Une jolie surprise qui toque à la porte, et mon regard surpris aux larmes de voir des fleurs m’être livrées. Le cœur qui sursaute en lisant la carte. L’odeur des pivoines qui font oublier celle de l’hôpital et qui fait flotter un air de printemps ensoleillé dans la chambre.

Le plaisir infini de l’eau chaude qui coule sur les épaules endolories.D’une bouillotte qui détend les muscles mis à mal par l’opération.

Sa présence, son attention, ses gestes. Savoir qu’il est là, que je peux me reposer sur lui, que je ne suis pas seule, mais aimée, entourée, épaulée.

Les messages de soutien, pour savoir comment je vais, qui étonnent parfois tant on ne les attendait pas. Comme le mail de cette maman d’élève. Votre présence, votre réconfort. Et ma mère, au bout du fil, si loin, mais si proche, quand des larmes de fatigue coulent sur mes joues et qu’elle me rassure avec sa douceur et ses mots.

Le croissant dégusté avec un thé bien chaud sur l’aire d’autoroute sur la route du retour pour reprendre des forces, et le plaisir de retrouver ce goût français qui me manque trop souvent.

Rentrer chez soi, et retrouver son lit douillet après quatre jours d’hôpital. Enfiler une tenue confortable, legging et tee shirt large devenus l’uniforme de ces jours à la maison.

Un gommage corps tout doux de chez Avène. Mettre un peu de fond de teint pour atténuer les marques de fatigue et peindre à nouveau ses ongles en rouge. Regarder dans le miroir et aimer les reflets bruns-roux qui apparaissent çà et là et qui n’attendent que le soleil pour se révéler encore davantage.

Prendre le temps, s’écouter, se reposer, lire quelques pages, feuilleter des revues et découvrir des articles qui font sourire. Les mots de Célie dans Simple Things. Cet article de Flow sur ma librairie fétiche à Rouen.

Remplir des listes de livres à lire, toujours et encore. Commencer un nouveau roman, le dix-huitième de l’année et choisir un livre un peu léger pour ces journées de convalescence « Un doux pardon » de Lori Nelson Spielman.

Retrouver le plaisir de lire des blogs avec mon mug de thé ce matin. Lire les jolis mots sur la toile, et réorganiser un peu les flux de mes blogs fétiches pour en ajouter d’autres au fil des clics.

S’offrir une petite sieste après manger, sans culpabiliser, et sentir son corps se détendre peu à peu.

Les tomates-mozzarella-basilic, avec quelques tranches de jambon fumé, huile d’olive et vinaigre balsamique, comme un avant-goût de vacances.

Ce joli plateau qui me plairait beaucoup. Ce mug aussi, d’ailleurs.

Commencer à regarder Outlander et s’émerveiller devant les paysages écossais, l’esthétisme et l’atmosphère qui se dégagent de cette série. Savourer doucement les épisodes les uns après les autres. Et rêver encore plus d’un road-trip en Ecosse.

Le soleil qui fait quelques apparitions longtemps attendues et le sentir réchauffer mes joues quand je m’installe quelques instants sur le balcon.

Un vendredi encerclé dans le calendrier, et un anniversaire. Celui de nos trois ans, c’est si peu et tant à la fois.

Image : Annie Spratt 

Derrière mes silences

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Derrière mes silences, il y a une introvertie qui préfère les petits groupes aux grandes tablées, les soirées simples et calmes aux beuveries endiablées. Qui aime se réfugier derrière un livre ou devant une série. Qui aime les soirées à deux, rien qu’à nous. Les sorties en petit comité, les amitiés moins nombreuses, mais plus sincères. Au fond, je suis toujours celle qui ne se sent jamais vraiment très à l’aise dans les grandes tablées, les groupes élargis, qui reste silencieuse quand les autres parlent si fort lors des repas de famille. Cette introversion, je l’ai trop longtemps porté comme un fardeau, elle m’a trop souvent gâchée la vie à l’adolescence et dans la vingtaine. Aujourd’hui, je l’ai apprivoisé, elle fait partie de moi. Me définit, en fait peut-être ma force. Elle fait de moi ce que je suis, tout simplement. Une fille simple, discrète et calme.

Derrière mes silences, il y a mes angoisses, mes peurs, mes moments de blues. Qu’il sait si bien les déceler, comme s’il lisait en moi, parce qu’il me connaît par cœur. Ces silences l’agacent, parfois. Lui qui dis les choses, toujours, qui n’évite pas les mots, les discussions, qui ne tait ni ne cache rien. C’est une des choses que j’aime le plus chez lui je crois. Parce que j’ai trop souffert et trop vu souffrir ma mère des silences de mon père. Alors, j’apprends à parler, à mettre des mots sur mes tourbillons intérieurs. Même si je sais que je serais toujours un peu fille-éponge, qui adsorbe, qui retient, et puis qui relâche tout.

Derrière mes silences, il y a quelque fois aussi ma peur du conflit, celle qui préfère éviter la confrontation, les mots durs. Bien souvent, je préfère me taire plutôt que de critiquer, de remettre quelqu’un à sa place, de lui dire que ce qu’il ou elle dit me semble stupide, que je ne suis simplement pas d’accord. C’est sans doute un peu lâche. Mais je préfère bien souvent ignorer que confronter.

Derrière mes silences, il y a mon manque d’inspiration, cette page blanche qui me nargue trop souvent. Ces mots que je trouve si beaux ailleurs et qui me font paraître les miens bien fades. Parfois, tout simplement, le manque d’envie, de temps aussi. Le manque de confiance aussi, qui paralyse, freine. L’impression de n’être pas assez, pas suffisamment. Hésiter, douter. Et préférer alors se taire.

Et puis, il y a les silences confortables, rassurants. Ceux de l’intimité partagée, du confort, de l’amour solide. Les moments qui n’ont pas besoin de mots pour être vus, vécus, savourés. Ne suffisent alors que des regards complices, des sourires, des mains entrelacées. Ces silences-là, je les savoure.

Et vous, que se cache-t-il derrière vos silences ? 

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